Histoire
+ Michiels : 150 ans dédiés à l'élégance et au vêtement masculin

Cette année 2006, le tailleur Michiels fête ses 150 ans d'existence. L'occasion est unique de rendre hommage à une famille qui a su perpétuer la tradition du " vêtement homme" de qualité au cours de six générations. L'histoire de la Maison Michiels s'inscrit dans celle d'une lignée familiale typiquement belgo-belge, voire bruxelloise. A l'image de D'Ieteren, Vervloet, De Cock (Au Bon Repos), Dandoy,... "Michiels" appartient au fleuron des sociétés centenaires qui enrichissent notre patrimoine économique.

En 1840, Léopold 1er lève le droit d'entrée sur la ville de Bruxelles, permettant ainsi le libre passage des portes de Bruxelles. Avec l'ouverture de la Porte de Hal au commerce et au transit des marchandises, la rue Haute devient alors le centre névralgique des " campagnards " du Sud de Bruxelles. A cette époque, la fille de Jean-Baptiste Michiels, Barbe, épouse Monsieur Van Buggenhout et fonde très précisément en 1856 un magasin d'aunage (vente de tissu au mètre) sis 197 rue Haute. L'enseigne porte alors le nom délicieux de " A la Paysanne, In Het Boerrineke ". Une appellation conservée jusqu'en 1908.

Dans les années 1850, lorsqu'un travailleur devait s'habiller, il achetait le tissu au mètre et faisait confectionner son bleu de travail ou son sarrau par les tailleurs de villages. Barbe, en femme d'affaires ingénieuse, eut alors l'idée de pré-confectionner des vêtements et uniformes de travail imposés par les guildes de métiers. Les " Michiels-Van Buggenhout " se lancent ainsi dans la vente de bleus de travail, de tabliers, sarraus, etc... Le succès est bien au rendez-vous, la prospérité également.

Vers 1875, Victor, le fils de Barbe, introduit judicieusement le vêtement de ville au registre de la Maison. Cette fin de siècle est marquée par le développement du vêtement bourgeois " prêt-à-porter " (ce qui représente à l'époque 40% du chiffre d'affaires, le restant étant généré par le vêtement de travail).

En 1904, Victor s'associe à son cousin Ernest (fils d'Albert, le frère de Barbe). Ernest Michiels, artiste peintre, se lie d'amitié avec de grands peintres impressionnistes belges. Il épouse Blondine Christophe, femme d'affaires, qui contribue à l'expansion de la Maison. Ernest et Blondine se séparent de Victor en 1908 et restent aux commandes jusqu'en 1945.

Tout au long de cette période, ils font l'acquisition d'un immeuble à l'angle de la rue Haute et de la rue des Capucins. L'ensemble des quatre maisons (numéros 195 à 201) est remplacé en 1928 par le bâtiment tel qu'on le connaît aujourd'hui. Dans cette période d'après-guerre et suite au crash de 1929, l'entreprise familiale s'attire les faveurs d'une clientèle raffinée. C'est l'époque des " accrocheurs " : ces fameux vendeurs interpellaient les passants dans la rue afin de les inciter à entrer dans leur magasin.

Yvon et son frère Georges, les deux fils d'Ernest et Blondine, succèdent à leurs parents. Le plus jeune, Georges, rejoint la Maison dès 1930 alors que son frère, Yvon, étudie la philosophie. Durant la Deuxième Guerre mondiale, Yvon s'engage dans la résistance, pendant que Georges, homme d'affaires avisé, tient les rennes du commerce. Après la guerre, Yvon réintègre sa place dans le magasin, il y apporte son goût pour le raffinement. Toujours en phase avec leur époque, les Michiels tiennent le haut de l'affiche, sur les tout premiers pas de ce qu'il est convenu d'appeler la " réclame ".

+ Une tradition, un sens inné du commerce

En 1977, Georges se retire, Yvon trois ans plus tard. Michel, le fils cadet d'Yvon, reprend seul l'enseigne en 1977. Formé par son oncle Georges dès 1964, au travers de stages en entreprise (commerce - tissage - confection), il assure encore aujourd'hui le contrôle de cette PME typiquement bruxelloise. Rentrée dans l'entreprise en 1986, Véronique, sa fille aînée, gère les pôles de la finance et de l'administration. Son époux, Luc Lombaert, dirige, depuis 2000, les départements commercial et ressources humaines au sein des trois magasins. En 2004, il ouvre une quatrième succursale à Wemmel.

Quant à la cadette, Anne-Sophie, elle n'a que 19 ans au moment du rachat de la Maison Guilmot en 1998. Désormais, elle supervise cette maison spécialisée dans les vêtements scolaires et uniformes pour enfants. Les magasins sont situés au premier étage de la Maison mère rue Haute et de la succursale de Waterloo.

Leur frère Philippe possède une âme d'artiste, c'est un décorateur passionné qui s'est orienté avec succès vers l'architecture d'intérieur, la création de mobiliers et d'espaces contemporains. Ses collections, signées Luz Interiors, sont internationalement reconnues. Après avoir fait ses armes, il met à profit son expérience créatrice pour donner un souffle nouveau à cette belle et longue histoire et rejoint le " clan familial ".

Pour ce qui est des descendants de Georges, Albert et Cédric, ils ont acquis une solide réputation, chacun dans leur spécialité. Albert se dirige vers l'évènementiel et, grâce à son concept Restauration Nouvelle, est devenu une des figures emblématiques de la restauration bruxelloise. L'esprit d'entreprise lui colle à la peau. Cédric Legein a repris la chaîne de boulangerie-pâtisserie Le Pain Quotidien et lance aujourd'hui le nouveau concept , Cook and Book,( librairie /restaurant ) au sein du complexe Wolubilis.

Preuve en est que l'esprit d'entreprise, le sens de la famille, la créativité et le don des affaires se transmettent de génération en génération... Tous les acteurs de la famille l'illustrent à merveille : six générations et un vrai savoir-faire.

+ Michiels habille les hommes de 7 à 77 ans

" On ne s'improvise pas maître tailleur ! ". Ces mots prononcés par Michel Michiels révèlent la passion et l'esprit qui animent cette famille depuis plus d'un siècle.

Forte d'un savoir-faire transmis de génération en génération, Michiels demeure la plus ancienne maison de prêt-à-porter 100% familiale en Belgique ! Elle affiche une santé économique en hausse constante, atteignant un chiffre d'affaires annuel de 3.300.000 euros (2005). Un chiffre qui, depuis 1998, évolue à la hausse, de 3 à 5% par an.

Un succès justifié par une véritable formation de terrain du personnel, indispensable dans le secteur du prêt-à-porter de qualité. Une équipe chevronnée, répartie sur les quatre magasins, vient prêter main forte aux dirigeants de cette PME typiquement familiale. Grâce au professionnalisme de 25 personnes (responsables, vendeurs, retoucheurs, ouvriers, administratifs) qui oeuvrent à la perrenité de l'enseigne, un travail et un service personnalisés ont permis à Michiels de se tailler une réputation à la hauteur de ses espérances. Pour preuve, en 2005, pas moins de 8.000 clients ont franchi les portes des magasins de Bruxelles Centre (rue Haute), Woluwé (le Shopping), Waterloo (chaussée de Bruxelles) et Wemmel (Markt).

Exerçant un vrai métier de spécialiste, la Maison maîtrise l'art de se mettre au goût du jour et s'adapte avec finesse aux tendances de la mode. Pour répondre aux exigences de l'habillement masculin, Michiels propose un éventail de possibilités : la mesure fonctionnelle (le sur-mesure personnalisé, réalisé avec la technologie moderne), le coupé cousu-main (le vêtement réalisé en atelier) et le prêt-à-porter (collections de costumes, casual labellisé). Aujourd'hui, la tendance appartient aux tissus souples, légers, matières nobles, tissus de qualité, vêtements adaptés à la vie de tous les jours, élégants, dotés d'une âme toute particulière. Parmi les autres griffes que l'on trouve chez Michiels : Dormeuil, Scabal, Façonnable, Burberry, Barbour, une gamme sportswear, prêt-à-porter (costumes, vestes,), accessoires (foulards, chaussettes, polos, écharpes, cravates, pochettes, gants, ceintures, boutons de manchette, chaussettes, chaussures). Michiels a toujours su doser le juste équilibre entre l'offre et la demande et peut compter sur une clientèle fidèle de 7 ans à 77 ans.